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L'Architecture au Mali
est caractérisé fondamentalement par deux styles
à savoir :
- Le style Soudanais,
- Le style néo-soudanais.
On a appelé style
Soudanais l'architecture traditionnelle rencontrée
en Afrique Occidentale et plus particulièrement
au Mali.
Ces façades se caractérisent
par de lourdes formes coniques en argile qui selon
un modèle fixe, comportent un grand nombre de décorations.
La tradition différencie trois types de façades
: La façade marocaine, Toucouleur et la façade sans
décoration. La porte d'entrée et la fenêtre des
deux premiers types de façades forment les éléments
centraux de la composition monumentale de l'entrée.
Cette composition
est organisée systématiquement mais elle n'est pas
toujours située au centre de la façade.
La façade Toucouleur
se différencie de la marocaine par un auvent situé
au dessus de la porte d'entrée. Sur les façades
sans décoration, on ne voit parfois que les montants
verticaux. Ils servent des contreforts et sont un
stade préliminaire vers une éventuelle décoration
de la façade. La composition de la façade s'étend
entre deux colonnes qui marquent les coins de la
partie et accentuent l'individualité de la maison
dans son contexte Urbain.
La colonne est couronnée
d'un chapeau qui est de la hauteur d'un homme mesuré
à partir de la toiture. La tête est formée d'un
pot retourné en terre cuite. Légèrement incliné,
ce pot protège la colonne contre les dégâts causés
par les orages.
Le portail décoratif
ou tableau de façade, construit autour de l'entrée,
est réalisé sur 3 niveaux. Les deux pilastres emmurés
situés sur les deux côtés du tableau de façade,
délimitent un plan où se trouvent des portes et
des fenêtres reliées entre elles par une barre située
à plus ou moins 5 m de hauteur. Ce portant en bois
de palmier, surmonté d'un linteau en argile de quarante
centimètres de haut, a du point de vue de la construction
plusieurs fonctions.
D'une part, le portant
soutien les consoles, constituées de liasses de
bois de palmier emmurées de 120 cm de long en saillie
de 60 cm. Les consoles sont utilisées comme plate-forme
par le maçon pour la construction, la rénovation
et le crépissage des décorations.
D'autre part, ce portant
soutien le second niveau du tableau de la façade.
Ce tableau est constitué de 3 montants courts renfermant
deux plus petits plans sur la façade où sont placées
deux décorations en forme de phallus. Ces décorations
sont aussi accentuées par des trous de chaque côté.
Les trois pilastres plus courts sont aussi reliés
entre eux par un linteau portant à son tour cinq
décorations en forme de mitre. A peu près à mi hauteur,
les morceaux de bois légèrement saillants sont embraqués
et travaillés en des boutons d'argiles.
Dans le rebord supérieur
de la façade, comme élément du tableau de la façade,
se trouve de petites ouvertures. Elles font 20 cm
sur 40 et rendent subitement compte de la transmission
entre la masse fermée de l'habitation et l'espace
ouvert de la terrasse.
La caractéristique
de la façade Toucouleur est l'auvent au dessus de
la porte, il se trouve enchâssé entre deux colonnes
aux formes plastiques et est une prolongation extérieure
de la véranda. Un autre élément caractéristique
des façades est le banc en argile. On le trouve
principalement des deux côtés de la façade, encastré
entre les montants des murs, il sert d'endroit pour
se reposer ou pour discuter .
Le style Architectural
sur le plan ouverture, témoigne de recherche d'une
atmosphère fermée. Les ouvertures sont peu nombreuses
et sont de trois types pour la lumière du jour :
la lucarne, le trou dans le mur et la fenêtre à
grillage.
Une des particularités
de l'Architecture traditionnelle est l'habitation
dogon. En effet, alors qu'ailleurs les maisons sont
construites à même le sol, sur les terrains plats
des plaines, dans les falaises de Bandiagara, elles
sont au contraire, accrochées aux aspérités de la
montagne, parfois au dessus des parois verticales
des rochers ou dans les sites escarpés des pics.
Véritables habitations de troglodytes, on ,e peut
souvent y accéder que par des crampons en fer plantés
dans le roc et en se hissant par des cordes. Ces
constructions qui ont dû servir, les unes contre
les envahisseurs, les autres de greniers pour préserver
les réserves vivrières contre lesdits envahisseurs,
ou de tombeaux pour les ancêtres, ne sont actuellement
utilisées, plus souvent, que pour l'ensevelissement
des morts. On considère que ses habitations ont
été construites par les lointains ancêtres des Dogons.
Les maisons Dogon
sont beaucoup plus accessibles de nos jours, parce
que bâties sur des terrains beaucoup moins escarpés.
Généralement, elles
sont à étage et construites soit en briques d'argile
rectangulaires, soit en pierre superposée avec un
art consommé. Les matériaux (briques en pierres
parfois taillées) sont cimentés par de l'argile.
Le tout est ensuite crépi avec de l'argile mais
spécialement préparée à cet effet. Les angles de
ces cases sont le plus souvent arrondis. Les chambranles
des portes et fenêtres sont souvent faits ne dalles.
L'entrée de chacune des maisons est constituée par
un vestibule contenant un vaste lit de repos. Ce
vestibule s'ouvrant sur une cour intérieure dans
laquelle se trouve les communs, permet d'accéder
séparément au logement et à la salle de séjour.
On accède à l'étage grâce à une grosse fourche munie
d'entailles dans lesquelles on pose les pieds.
Les toitures sont
en terrasses garnies de gargouilles en bois destinées
à l'écoulement des eaux des pluies. Les maisons
des chefs, des notables et des sanctuaires sont
décorés sur leurs façades extérieures d'ornementations
en briques formées de colonnades et d'ogives superposées
et surmontées quelques fois d'une frise chevronnée.
Des motifs ajourés entourent et surplombent la porte
d'entrée et comportent, suivant la tribu, des emblèmes
mâles ou femelles. On retrouve aussi ces mêmes emblèmes
sur les panneaux des portes, les volets des fenêtres
et les serrures.
Une autre particularité
de l'architecture traditionnelle est l'habitat nomade
et semi-nomade.
L'habitat nomade est
constitué par une tente en peau tannée, un ou deux
piliers centraux en bois terminés par des fourches
et des piliers latéraux également terminés par des
fourches. La peau tendue sur ces piliers, est fixée
à des bouts de bois encrés dans le sol. Cet habitat
qui semble précaire s'adapte bien aux conditions
climatiques et à la vie nomade.
L'habitat semi-nomade
est une case ronde dont la structure portante est
constituée par des branches d'arbres spécialement
traitées et réunies ensemble pour avoir la forma
ronde des cases. Cette structure est ensuite couverte
par des nattes en feuilles de rosier et de palmier
doum.
Ces cases comportent
généralement deux couvertures (porte) situées sur
les côtés nord et sud, assurant ainsi une ventilation
correcte de la case.
A l'architecture traditionnelle
est venue s'ajouter un autre style appelé le néo-soudanais
avec la colonisation. Ce style est caractérisé au
niveau planimétrie par la création d'une véranda
périphérique qui protège le corps du bâtiment de
l'ensoleillement direct, ce qui n'était pas le cas
dans l'architecture traditionnelle.
Une autre différence
de ce nouveau style par rapport à l'ancien se situe
au niveau des ouvertures qui sont plus grandes dans
le nouveau avec des fermetures pour la plupart des
cas en persiennes.
Au niveau façade,
le nouveau style diffère de l'ancien par l'utilisation
des arcades en forme cintrée ou circulaire ; la
décoration des montants (colonnes) au niveau des
appuis des arcades et l'utilisation de claustras
en acrotère.
Le nouveau style a
emprunté à l'ancien certaines décorations notamment
les mitres et les petites ouvertures dans le rebord
supérieur de la façade.
Aujourd'hui au Mali
comme partout ailleurs, le style architectural dominant
est celui appelé le postmodernisme.
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