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C. LES TEMOIGNAGES DE VISITEURS
ILLUSTRES:
L'historiographe local,
Mahmoud Kâti, auteur des chroniques " El Fettach
" au XVIè siècle, décrit Tombouctou en ces termes
élogieux : " Elle n'avait pas sa pareille parmi
les villes du pays des Noirs pour la solidité des
institutions, les libertés politiques, la pureté
des moeurs, la sécurité des personnes et des biens,
la clémence et la compassion envers les étrangers,
la courtoisie à l'égard des étudiants et des hommes
de science et l'assistance prêtée à ces derniers...
Tombouctou était parvenue au terme extrême de la
beauté et de la splendeur, la religion y était florissante
et la tradition prophétique y donnait la vie à toutes
choses...
Un autre chroniqueur,
Es-Sâdi, nous livre au XVIIè siècle cette notation
enthousiaste et lyrique : " ville exquise, pure,
délicieuse, illustre cité bénie, plantureuse et
animée, qui est ma patrie et ce que j'ai de plus
cher au monde ". Cette cité prestigieuse, cette
Tombouctou des légendes a fait l'objet d'une étude
particulière par René Caillé qui la visita et qui
est dit-on le premier européen à la découvrir. Parti
de France à l'âge de seize ans, et après maintes
mésaventures, René Caillé arriva à Tombouctou le
20 Avril 1828 au terme d'un périple qui a duré 2
ans. Il décrira plus tard.
" En entrant dans
cette cité mystérieuse, objet des recherches des
nations civilisées de l'Europe, je fus saisi d'un
sentiment inexprimable de satisfaction ; je n'avais
jamais éprouvé une pareille sensation et ma joie
était extrême ". S'agissant de l'aspect de la ville,
il ajoute :
" Il y a je ne sais
quoi d'imposant à voir une aussi grande ville élevée
au milieu des sables et l'on admire les efforts
qu'ont eu à faire ses fondateurs ".
Mais René Caillé a
été surtout impressionné par les gens que les préjugés
du temps qualifiaient de " sauvages cannibales ".
" Les habitants sont
doux et affables envers les étrangers, ils sont
industrieux et intelligents dans le commerce qui
est leur seule ressource... Tous les nègres de Tombouctou
sont en état de lire le Coran et même le savent
par cœur ".
Aucune ville européenne
ne peut se vanter d'avoir une population entièrement
alphabétisée à cette époque.
Tombouctou de nos
jours : les attraits touristiques Capitale administrative
de la sixième région du Mali, Tombouctou est aujourd'hui
une cité provinciale à 900 km de Bamako. Elle s'est,
il est vrai, assoupie et victime des longues années
de sécheresse qui ont longtemps affecté le Sahel.
Sa population qui a considérablement baissée (35.000
environ contre 100.000 au XVIè siècle) remonte lentement
depuis la fin de la rébellion. Le tourisme y a pris
ces dernières années aussi une importance exceptionnelle.
Les visiteurs qui affluent de plus en plus nombreux,
sont presque tous attirés par le parfum du passé
que restituent en premier lieu.
- Les 3 antiques et
prestigieuses mosquées classées monuments historiques.
Il s'agit :
- De la mosquée
de Djingareyber : Elle
a été construite par l'empereur Kankou Moussa
à son retour de pèlerinage à la Mecque vers 1325,
en souvenir des villes saintes qu'il a visitées.
- la mosquée de
Sankoré : Elle a été
édifiée au XVè siècle et le diamètre de ses construction
serait aussi important que celui de la Kaaba.
Mais Sankoré est surtout célèbre pour avoir été
le sanctuaire des intellectuels contestataires.
En effet, après une défaite militaire, l'empereur
Askia Mohamed II par exemple, s'inquiétait de
" ce que vont dire les gens de Tombouctou quand
ils apprendront la nouvelle, surtout de ce que
se diront les uns aux autres certains mécontents
qui se réunissent derrière la mosquée Sankoré
".
- la mosquée Sidi
Yéhia : Construite à
la fin du XVè siècle, elle se signale par sa vieille
porte en fer forgé.
Ces trois mosquées,
qui ont abrité sous leurs dômes les grands lettrés
de l'empire, sont des chefs-d'oeuvre de l'architecture
en pisé ; leurs murs inclinés, leurs piliers asymétriques
laissent passer une lumière douce et fraîche. Mais
elles ont mal subi l'épreuve du temps. Derniers
grands témoins d'un passé disparu, elles doivent
être restaurées rapidement et profondément.
On trouve ensuite à
Tombouctou d'autres témoins de la splendeur d'antan.
Ce sont :
- Les bibliothèques
mystérieuses renferma de précieux manuscrits
inconnus qui ont traversé les siècles.
- Les maisons
des explorateurs René Caillé, Henri Barth,
Mungo Park, Gordon Laing. Ces maisons qui sont
restaurées ou en voie de l'être devraient servir
non seulement de lieu de visite et d'accueil,
mais également d'exposition, de documentation.
- Une civilisation
préservée, notamment à travers l'architecture
particulière des maisons en pisé, ocre ou beige
: certaines ont des façades de pierre, des portails
magnifiquement ouvragés. On peut également découvrir
à Tombouctou :
- Le centre d'Etudes
de Documentation et de recherche AHMED Baba (C.E.D.R.A.B)
qui recèle des livres datant du XIVè siècle.
- Le centre artisanal,
riche en produits de l'artisanat afro-arabe et
en splendides tissages des localités de la région.
- Abouthi,
musicien handicapé jouant des instruments peul
et Touareg.
- Les campements
Touareg aux environs
de Tombouctou
- L'Azalaï, caravane de
chameaux en provenance des puits de sel de Taoudénit.
- Kabara,
le port fluvial de Tombouctou,
- Le lac Faguibine,
au Nord-Ouest de Goundam.
Tombouctou offre à
l'hébergement touristique une capacité de 148 lits
recensés entre l'hôtel " Azalaï ", le campement
" Buktu ", principalement. Une vingtaine de villas
privées disposant chacune de quatre chambres en
moyenne sont également proposées. La cité glorieuse
devrait connaître une capacité additionnelle importante
avec notamment le projet " Tombouctou 2000 ".
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