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L'EMPIRE PEULH DU MACINA (1810-1862)

Depuis le XVè Sciècle, le Macina, pays en majorité peuplé de peulhs, était sous la domination d'une dynastie de Diallo dont les familles nobles prenaient le titre 19 d'Ardo. Avec Biton Coulibaly, le Macina dût se soumettre à Ségou vers 1670 et payer le tribut aux rois bamanan jusques vers le début du XIXè Sciècle.

Les marabouts Macinanké encouragés par l'exemple d'Ousmane Dan Fodio secouèrent le joug de leurs souverains animistes et fondèrent un empire sous le sceau de l'islam.

Sékou Amadou (1810-1844) fut l'artisan de cette rénovation du Delta Central nigérien où l'anarchie avait effacé les tracés de la civilisation Songhaï. A côté des Diallo païens et maîtres de la région, vivaient les Bari (ou Sankaré) musulmans dont un élément Amadou Lobbo alla s'instruire à Sokoto (dans l'actuel Nigéria) auprès du savant marabout Ousmane Dan Fodio. Revenu dans son pays, il ouvra une école et se mit à enseigner. Son influence inquiéta les ardos, surtout Hamadi Dicko qui régnait alors. Ce dernier demanda une armée au roi de Ségou car bien qu'étant affranchi de la domination de Ségou, il entretenait toujours des relations amicales avec les bamanan.

LA DINA DE SEKOU AMADOU

Elevé par son grand père à Tombouctou, Amadou fut un brillant élève coranique qui étudia auprès de plusieurs maîtres. Il persuada les principaux marabouts peul qu'il était appelé à faire triompher l'islam au Macina. Il fit campagne à travers le pays et alla s'établir à Runodo Siru (près de Djenné) où il prépara la guerre sainte. Prétextant le meurtre de son fils par un talibé du pieux marabout, l'Ardo fit appel au faama de Ségou. Mais les armées peulhs et bamanan furent battues en 1810 à Nukuma par Amadou qui devint le maître du pays et reçut d'Ousmane Dan Fodio le titre de ''Cheick'' ou Sékou, étendard de la guerre sainte. Sékou Amadou renversa donc la chefferie des Ardos à qui on reprochait son paganisme et sa soumission au Bamanan de Ségou. Il pacifia l'intérieur du pays et fit des conquêtes. C'est ainsi qu'il organisa ses armées, s'empara de Djenné et de Tombouctou et étendit ses conquêtes jusque chez les Dogon sur les montagnes de Bandiagara, jusqu'à la Volta et le Suru. Sékou Amadou créa une nouvelle capitale, Hamdallaye, et obligea les peulhs nomades à se fixer. Il dota l'empire d'une solide organisation administrative et financière. Jusqu'à la fin de son règne, la frontière sud était constamment sous la ménace des bamanan qui razziaient périodiquement les animaux. L'empire était pourtant constitué ; il atteignit son apogée du vivant même du fondateur.

Sékou Amadou prit le titre d'Emir El Mumenin. Il démocratisa la Dina par l'institution des conseils, organes législatifs et exécutifs. Le grand Conseil comprenait 40 membres et il fallait avoir au moins 40 ans et être instruit pour en faire partie. C'était un organe à la fois législatif, exécutif et judiciaire.

L'empire était divisé en 5 grandes régions administratives et militaires. Chacune était dirigée par un amiru (gouverneur militaire) assisté d'un conseil religieux et d'un conseil judiciaire. Chaque province étant subdivisé en cantons. Tous les chefs étaient nommés et révocables par le Grand conseil. Les critères exigés étaient l'instruction et la bonne moralité.

La loi de la Dina était celle du Coran mais ou on se referait aussi à la tradition orale. Dans chaque chef lieu résidait un cadi (juge). Le Ministère Public et la défense étaient assurés. Les magistrats étaient rémunérés par la Dina.

Plusieurs catégories d'impôts enrichissaient le trésor public : la dîme sur les récoltes, le muld, payé par tête à la ramadan, l'impôt prélevé sur les riches, l'impôt prélevé sur les troupeaux, l'usuru (sur les marchandises importées...)

Dans chaque village il y avait des terres publiques cultivées par les esclaves et les produits récoltés étaient conservés dans les greniers de l'Etat.

Toute l'administration générale était sous la surveillance d'inspecteurs qui allaient de province ne province, de village en village pour contrôler les agents de l'Etat et rendre compte au Grand Conseil. Toute exaction était sévèrement punie.

 

 

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