L'EMPIRE
SONGHAÏ
Du XVè
au XVIè Sciècle, un nouvel empire fondé par Sonni
Ali Ber autour de Gao se substitue au Mali tout
en restant centré plus à l'est.
Sonni
Ali Ber surnommé Ali Ber (Ali le Grand) est avant
tout un conquérant dont la force principale reposait
sur une puissante armée de cavaliers, d'archers
et sur une flottille sur le Niger. Toutes ses
conquêtes (vallée du Niger moyen, Djenné, Macina,
se firent surtout aux dépens du Mali.
Souverain
éclairé, le Sonni Ali divisa son pays en provinces
dirigées par des gouverneurs et organisa l'irrigation
de la vallée du Niger en faisant creuser un canal
dans la direction de Walata.
Un réseau
de digues et de canaux devait permettre de développer
la production agricole dans les plaines du Niger
et de fournir aux grandes villes commerciales
une alimentation convenable.
Son
long règne (1464-1492) lui permit de construire
un Etat militaire et marchand, riche et puissant.
Sonni
Ali entre en lutte contre les grands marabouts
de Tombouctou qui voulaient jouer un rôle politique
et qui étaient amis des Touaregs. D'où le portrait
accablant que ceux-ci ont laissé de lui dans les
tarikhs. De même il persécuta les peulhs.
En
1493, Mohamed Touré, un général commandant une
des armées du Sonni usurpa le pouvoir au Sonni
Baru fils et successeur d'Ali. Il prit le titre
d'Askia et fonda une nouvelle dynastie.
Pour
légitimer son pouvoir et satisfaire ses aspirations
pieuses, Askia Mohamed entreprit le pèlerinage
de la Mecque en 1496 et reçu le titre de Khalife
du Soudan. Il rétablit les liens interrompus depuis
la décadence du Mali entre les pays du Niger,
l'Egypte et le Moyen Orient Arabe. Askia Mohamed
ne fut pas un grand conquérant, mais un bon organisateur,
il réduisit les effectifs de l'armée et ne garda
que des soldats de métier.
Les
Cadis nommés par lui rendaient la justice en son
nom, selon le Coran. Il encouragea la religion
et les lettres. Contrairement à Sonni Ali, il
chercha l'amitié des grands ulémas de Tombouctou
qu'il consultait pour tous les problèmes importants
de l'empire et qu'il comblait de présents de toutes
sortes.
L'enseignement
fut développé. Tombouctou, Djenné, Oualata devinrent
de grands foyers intellectuels et religieux. L'époque
s'honorait de grands noms tels que le dialecticien
Gao Zacharia, les professeurs Ahmed et Mohamed
Bakhayoko, l'historien Mohmoud Kanté. L'Université
de Sankoré accueillait à Tombouctou des étudiants
venus de toute l'Afrique soudanaise.
A l'extérieur,
l'Askia aidé de son frère Kanfari Omar Kondiago,
enleva à l'empire du Mali les provinces de Baganan
le Jara d'une partie du Tekrur.
Il
organisa un système d'impôts proportionnels à
la fortune payée en nature ou en travail. Il obtint
d'importants revenus en établissant des droits
de douanes sur les transactions commerciales et
donna satisfaction aux officiers ou aux savants
en leur distribuant des villages d'esclaves pris
par conquête.
L'architecture
connut des réalisations remarquables avec la naissance
du style soudanais utilisant le bois et la terre
glaise selon un motif de type pyramidal.
Après
Askia Daoud (1549 - 1582) commence le déclin de
l'empire qui fut détruit en 1591 par les troupes
marocaines attirées par les richesses légendaires
du Soudan.
La
conquête marocaine interrompit l'évolution de
la civilisation nigérienne, détruisit l'ordre
assuré par l'Etat Songhaï et le remplaça par l'anarchie
et le pillage. La vie économique et intellectuelle
périclita dans l'insécurité générale. La domination
marocaine qui ne put se maintenir que dans la
boucle du Niger fut une période de régression
pour la civilisation soudanaise.
Ainsi,
à la fin du XVIè Sciècle, l'ère des grands empires
est close, mais il y aura une réaction animiste
face à l'invasion de l'islam.
Les
XVIIè et XVIIIè Sciècle sont caractérisés par
des troubles provenant du fait de l'absence d'un
Etat fort centralisateur, mais également de la
chasse au butin, à 17 l'esclave car c'est à partir
du XVIè Sciècle que la traite atlantique va se
généraliser, s'intensifier en Afrique. C'est l'émergence
de nouveaux royaumes.
Comme
les royaumes bamanan qui vont véhiculer vers les
côtes des milliers d'esclaves venant de l'intérieur.
La guerre va d'autant plus s'intensifier qu'il
ya une généralisation de l'arme à feu beaucoup
plus meurtrière que les flèches. C'est la féodalisation
de la société Malienne, la balkanisation politique,
l'insécurité , l'émergence des seigneurs de la
guerre, accompagnées souvent d'épidémies, de famines...
