L'EMPIRE
DU MANDEN (OU MALI)
Du XIIIè
au XIVè Sciècle, il sera la principale puissance
politique du Soudan nigérien. C'est un empire
plus méridional qui paraît plus solide que l'empire
du Ghana. Il a une économie beaucoup plus solide
grâce à l'or et aux céréales qu'il produit.
Dès
le XIè Sciècle et peut être même avant par la
production de l'or, le Manden va attirer aussi
bien les marchands maghrébins, que les Tunka de
Ghana qui vont l'intégrer à leur empire. Ceci
favorise l'émergence d'une monarchie maninka (ou
malinké) qui va libérer le pays de la domination
étrangère.
Le
peuple maninka se composait d'un ensemble de clans
(Kamara, Traoré, Koné, Dunbuya, Konaté...) repartis
dans diverses provinces (Do, Kri ...)
L'intégration
politique, économique et sociale du pays sera
faite sous l'impulsion du clan Konaté - Keïta
grâce à l'action d'un homme, Sunjata Keïta qui
entre en scène avec sa lutte héroïque contre Sumanworo
Kanté chef forgeron de l'Etat animiste de Sosso.
D'abord
perclus jusqu'à un âge avancé Sunjata retrouve
l'usage de ses jambes de façon miraculeuse, venge
un affront dont sa mère Sogolon avait été l'objet
et s'exile à Mema.
Réclamé
par les siens, il revient, prend la tête des armées
mandingues et triomphe de Sumanworo Kanté vers
1235 à Kirina.
Sunjata
annexa le royaume de Sumanworo et étendit les
frontières de son nouvel Etat au Bambuk et aux
possessions del'empire du Ghana en dégénérescence.
Il encouragea l'agriculture, créa des cultures
nouvelles dans la plaine du Niger. La culture
du coton se développa, l'irrigation également.
On produisait des céréales et l'élevage connut
un rapide essor.
Dans
la capitale s'installèrent des marchands et des
artisans qui forgeaient des armes et tissaient
la laine et le coton.
Le
commerce était la richesse principale de l'empire
qui dominait à la fois les routes du sud, de la
forêt, les mines d'or et les pistes caravanières
du nord. Lorsque Sunjata meurt vers 1255, il laissait
un empire solide et prospère, s'étendant du Ghana
à la Gambie et du Tekrur au Moyen Niger, dans
lequel régnaient la paix et la sécurité.
La mort
de cet empereur (Mansa) fut suivie d'une période
d'instabilité dont profita l'esclave Sékurè qui
usurpa le pouvoir. Véritable conquérant, Sèkurè
(ou Sakura) porta les frontières de l'empire jusqu'à
l'océan à l'ouest et au nord jusqu'à Tombouctou.
Mais il périt assassiné. Parmi les successeurs
de Sèkurè, on peut retenir deux noms : Abubakari
II et le célèbre Mansa Musa.
Abubakari
II est resté célèbre pour avoir tenté, bien avant
les Portugais et les Espagnols d'explorer l'océan
avec une armada de 2000 pirogues équipées de marins.
Peut être a t-il pu découvrir l'Amérique avant
Christophe Colomb ? Nul ne sait comment se terminera
cette mémorable et audacieuse expédition qu'il
entreprit au délà des mers.
Mansa
Musa (ou Kanku Musa) qui prit le pouvoir en 1307
a laissé le souvenir d'un roi fastueux. Il habitait
un palais grandiose à Nyani, gouvernait en s'aidant
d'un premier Ministre de fonctionnaires et d'une
armée de 100.000 soldats. C'était un grand musulman,
il rendait la justice et outre les droits de douanes,
ses ressources étaient considérables. La Manden
était un empire immense qui s'étendait du monde
Haoussa jusqu'à l'océan atlantique. La prospérité
régnait partout.
Mais
l'événement le plus important du règne de Kanku
Musa fut indiscutablement le pèlerinage somptueux
qu'il fit à la Mecque en 1324.
Selon
les auteurs arabes qui évoquent abondamment cet
événement, il était accompagné de 10.000 soldats,
d'une escorte importante de lettrés, de parents
et d'amis et de 500 esclaves tenant chacun une
baguette d'or massif à la main. Au moyen Orient
l'illustre pèlerin distribua tant d'or que le
cours du métal jaune baissa en Egypte de 25%.
Ce voyage fit entrer le Mali sur la scène internationale
et révéla l'éclat de sa civilisation. Il favorisa
les échanges à l'extérieur et permit au Mansa
de ramener avec lui, de la Mecque des architectes,
des poètes et des savants arabes ainsi de nouvelles
idées. Ceci favorisa largement la diffusion de
l'islam qui, de religion de l 'élite devint peu
à peu celle du plus grand nombre. Les cauris,
l'or, le cuivre ou les cotonnades étaient les
monnaies en usage, et bien souvent les mesures
arabes comme le dinar ou le mithkal. Les grandes
villes marchandes étaient Nyani, la capitale,
Oualata, Tombouctou, Gao et surtout Djéné dans
le Delta Central du Niger.
L'aristocratie
politique et militaire, les marchands (Wangara)
et les marabouts avaient pris plus d'importance
sur le reste de la société.
A partir
du XIVè Sciècle, les troubles dynastiques affaiblirent
l'autorité des Mansa et la grande étendue du Mali
le rendit vulnérable aux attaques de ses ennemis
(Mossi, Touareg, Peulh...) gouverneurs de provinces
et rois tributaires profitèrent de cette situation
pour s'affranchir.
Au
XVè Sciècle, on assiste au démembrement de l'empire.
Le royaume de Gao devient un puissant empire grâce
aux conquêtes de Sonni Ali Ber ; Le Tékrur et
le Futa Djalon sont émancipés par Koli Tenguela
mais le Mali conserve longtemps encore les provinces
atlantiques de la Gambie et de la Casamance. Par
là, les empereurs restaient en contact avec les
rois du Portugal et les autres Européens, qui
fréquentaient les côtes d'Afrique. Progressivement
un autre empire va prendre la succession, celui
des Sonraïs
.