|
Manifestations
& traditions ( suite )
|
| |
- Dama :Chez
les Dogon, le terme dama désigne les rites funéraires
organisés généralement trois années, après la
mort physique d'un adulte, homme ou femme. Une
cérémonie de dama peut concerner un ou plusieurs
personnes précédemment disparues. L'idéal de rendre
hommage ensemble aux morts et le caractère onéreux
des cérémonies incitent les villageois à se concerter
à cette occasion. Sur décision du Conseil de village
qui fixe la date des sacrifices rituels et des
manifestations publiques, les familles concernées
par le décès fournissent une certaine quantité
de céréales. Les Sacrifices et les beuveries continuelles
permettent d'apaiser l'âme des défunts. 60 Rite
de lever de deuil, de séparation du corps de l'individu
de son milieu social et menaces pour l'équilibre
et la cohésion de la communauté concernée. L'importance
des manifestations est fonction du rang social
et du nombre des personnes mortes depuis le dernier
dama. Dans certains milieux dogon, il existe le
petit dama, le grand dama et le dama ordinaire.
Le petit dama concerne les personnes démunies
et ses cérémonies sont modestes. Le grand dama
par contre s'adresse à des personnalités connues
(grands chasseurs, agriculteurs, guerriers etc.)
et se divisent en plusieurs phases. C'est l'occasion
de restaurer les toguna ou lieux de concertation
des hommes de la communauté, de faire danser les
masques pour accompagner les principes spirituels
des défunts jusqu'à leur poterie funéraires situées
dans l'autel de famille, consacrant ainsi leur
passage au rang d'ancêtre.
- Le Sigi:
Le Sigi est le plus important rituel de régénération
de la société dogon. Il est organisé tous les
soixante ans, pour faire passer dans le grand
masque nouveau, représentant Amma, l'ancêtre des
Dogon sous la forme d'un serpent, l'âme de celui-ci
et celles des initiés consacrés au dernier sigi
et morts depuis, qui doivent quitter leur ancien
support en mauvais état. Ce transfert de l'âme
de l'ancêtre du groupe et de celles de ses morts,
s'opère à coup de sacrifices sanglants et de libations
dont les nécessaires, animaux et mil, sont offerts
par la génération dont c'est le premier sigi.
C'est également l'occasion de réciter en langue
sécrétée, le mythe de création et d'organisation
du monde tel que compris par les Dogons, en prenant
à témoin la génération qui est ainsi liée au nouveau
masque et se trouve dans l'obligation de continuer
de lui offrir victimes sacrificielles et libations
jusqu'au sigi suivant, qui marquera la relève
opérée par la génération à venir. A la fin du
cycle de soixante ans, la fête du sigi est célébrée
d'année en année, de région en région, sur une
durée d'environ cinq ans à travers tout le pays
Dogon. D'après son calendrier sexagénaire, la
fête ayant été précédemment célébrée à partir
des années 1848, 1908, 1968, la date indicative
du début des prochaines cérémonies est l'an 2028.
Bibliographie
sur le Sigi et le dama (à completer) Calame-Griaule
Genevieve : Diversité linguistique et organisation
sociale chez les Dogon du Soudan Français ; Notes
africaines, Dakar, Juillet 1952, n° 53, 77-79. Dieterlen,
germaine : Les Ames des Dogon, Paris, Institut d'Ethnologie,
Travaux et mémoires, 40, 1941 Les cérémonies soixanténaires
du Sigi chez les Dogon. Africa 41, 1-11 Janvier
1971. Ganay, Solange de Les devises des Dogon, Paris,
Institut d'Ethnologie, Travaux et mémoires, 40,
1941 Graule, Marcel : Masques Dogon, Paris,Institut
d'ethnologie, Musée de l'homme, 1938-1963-1983 Graule,
M. Dieterlen, G Signes graphiques soudanais, Paris,
Hermann, 1951Filmographie : le Sigi, Jean Rouche,Vidéographie,
Rush (sur le Dama) n° 121, 122, 123, 124, 125, 126,
127, 128. Coll. Musée National
|
- Crépissage de
la mosquée de Djenné: Le crépissage de la
mosquée à laquelle la ville de Djenné doit une
large part de sa célébrité, est l'un des événements
major de la vie des populations de cette localité.
Il consiste à consolider et à crépir minutieusement
et artistiquement, avec de la terre argileuse
les parois externes et internes des murs de la
mosquée afin d'en accroître la résistance aux
eaux de pluies. Le prélèvement, le transport et
le pétrissage de l'argile des rives marécageuses
du fleuve Bani mélangée à du son de riz, l'acheminement
de la terre molle sur tous les côtés et hauteurs
de la mosquée et l'application manuelle sur les
murs, de l'enduit à la fois protecteur et décoratif
constituent autant d'étapes de l'organisation
de ce travail à la chaîne, témoignant du degré
d'engagement de chaque participant dans l'œuvre
de restauration et de conservation de cette célèbre
religieuse de Djenné, inscrite sur la liste du
Patrimoine mondial. Une fois par an, après la
saison des pluies, cette cérémonie mobilise sur
un ou deux jours les populations Bozo, marka,
bamanan et peul, jeunes (garçons et filles) et
vieux (hommes et femmes) de la ville de Djenné
ainsi que celles de ses environs qui viennent
y célébrer la prière du vendredi Saint.
Vidéographie, Djenné,
métropole du Mpodo, comm. Musée national
- Jarabugudo,
les manifestations du Do de Jarabugu Jarabugu
est un village situé à quelques kilomètres de
Kouloukòrò. Il possède, comme d'autre village
du Mégétan et du Ginadufu ses associations do
tòn, kòtè tòn et baratòn à caractère culturelle,
agraire ou musicale. Les manifestations du Do
ont lieu deux fois par an, avant et après les
pluies et s'étendent sur un jour. Elles donnent
à voir aux populations bamanan, Somono, Bozo et
Soninké du Mégétan et du Ginadugu de beaux masques
comme le gòn, singe, le glas jan ou la grande
biche, le Soko jan ou la girafe, le Konòn ou l'oiseau,
les sakaw ou le couple de moutons, des marionnettes
représentant des personnages montés sur des cassettes
et produisants diverses scènes de la vie quotidienne.
Les jikandow, " do sur l'eau " constituent
la spécificité de ce type de manifestations à
Jarabugu. Des masques joliment sculptés et peints,
aux corps couverts de beaux tissus harmonieusement
composés, dansent énergiquement dans des pirogues
courant sur l'eau à coups de pagaies administrés
par des dizaines de jeunes, au rythme des chants,
de la musique et des battements de mains des femmes.
Photothèque du Musée
National. Vidéographie : Les manifestations du do
de Jarabugu, documentaire de 20 mns, Musée National.
|
|
|
|



|