MINISTERE DE L'ARTISANAT ET DU TOURISME
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Manifestations & traditions ( suite )
 
  • Kama blon : Le sanctuaire kama blon ou case sacrée, sise à Kangaba est l'un des sites qui focalisent l'histoire et les mythes du Mandé. A ce titre, il est l'objet d'une cérémonie importante, organisée tous les sept ans et qui constitue un événement majeur dans la vie des populations maninka (malinké) et celles du Haut Niger. Le but du rituel est de célébrer le manden, terre d'élection et berceau de l'Humanité et de la religion : sanctifier le sanctuaire, lieu de conservation des valeurs spirituelles du monde ; renouveler sur les parois des murs du sanctuaire les signes sacrés de ma création ainsi que ceux annonciateurs des événements majeurs qui vont marquer la vie des hommes au cours du septennat qui débute ; favoriser, en invoquant les Ancêtres et les Dieux au cœur du Manden, la communion solennelle des enfants de ce pays et des peuples qui en sont issus avec les hommes du monde entier. La préparation spirituelle et matérielle faite par les dignitaires, la consolidation et le crépissage des murs, la réalisation des peintures pariétales de ces derniers, la nuit sacrée aux célèbres griots de Kela pour que ces maîtres de la parole rappellent la genèse et l'histoire des clans et lignages du Manden ainsi que celle du monde aux anciens, et instruisent la jeune génération, la descente, la réfection et la pose de la toiture selon des procédés mythiques constituent les grandes étapes de cette cérémonie septennale.

Références bibliographiques G. Dieterlen, Y. Cissé 1972, Les fondements de la société d'initiation du komo, éd. Paris Monton et CO la haye, pp. 307-313,313 p. Solange de Ganay, 1995, Le santuaire kama blon de Kangaba Histoire, mythes, peintures pariétales et cérémonies septennales, Ed. Nouvelles du Sud, 246 p.

  • Azalay : C'est le voyage aller-retour de Tombouctou aux salines de Taoudénit, pendant deux à trois mois, à travers le désert, de plusieurs centaines de chameaux attachés en file indienne. La caravane passant par les villes d'Araouane, Boujebaila, Bourge Moctar, est conduite par des chameliers dans de superbes costumes touareg, le visage caché sous un litham, le corps barré de sabre d'argent. Elle transporte, de Taoudenit à Tombouctou, des centaines de barres du sel gemme qui, pendant des siècles, a fait partie au même titre que l'or et les tissus, des produits du commerce fleurissant entre l'Afrique du nord et l'Afrique du Sud du Sahara. Le visiteur, s'il est intéressé, peut s'offrir une belle promenade à dos de chameau pour découvrir les superbes dunes de sable mobiles au gré des vents, le silence, la fraîcheur nocturne et les magnifiques tableaux d'étoiles. A l'absence de tout chemin ou de tout autre signe au sol sablonneux du désert constamment balayé par le vent, ces astres constituent les seules repères de guides chevronnés alors obligés de se déplacer de nuit. Le retour des mineurs à Tombouctou est marqué par des chants et musiques riches en couleurs.

Bibliographie Rioy (Y.), L'Aazalay d'autonome 1928, renseignements Coloniaux, 39, 1929 : 281 - 285. Tableaux. Commerce du sel à Fachi et Bilma, son exportation par Kel Oui et Kel Gress vers Agadez - Nigeria. Revue Sankoré, n°3, 1973, Institut des Sciences humaines Fonferrier, Etudes historiques sur le mouvement caravanier dans le cercle d'Agadès. Bulletin du Comité d'Etudes Historiques et Scientifiques de l'A.O.F. 6, 1923 : 302-314.

  • Sankè mô, Pêche collective de la mara Sankè: Le Sankè mô, " pêche de la mare (sacrée) Sankè " est une pêche collective qui regroupe une fois par an, au septième mois lunaire, les habitants de la ville de San et ceux des villages voisins. C'est l'occasion pour les populations Bwa, bamanan, marka et peul de cette localité de se rencontrer pour rendre hommage au fondateur de la ville de San, méditer, prier pour le bien être de leur communauté. Pour chaque natif de cette localité, cette manifestation est un moyen de se plonger dans le passé et de renouveler sa fidélité à la tradition, en participant aux rites organisés autour des différents lieux sacrés : le bois, le puits et la mare. Ces lieux sont des témoignages matériels de l'origine et de l'histoire de la ville. Il font, à ce titre, l'objet de vénération annuelle et sont au centre de diverses croyances ainsi que de la confiance collective. Le Sankè mô occasionne une série d'activités culturelles et folkloriques faisant étendre les manifestations sur trois jours. Ses principales grandes phases sont la veillée, consacrée à l'accueil des invités, notamment les Bobos, les offrandes aux puits et aux bois sacrés, la pêche au Sankè et les musiques et danses marka, bobo, bamanan, peul, etc.

Bibliographie : Mamadou Samaké, ''La pêche annuelle du Sankè à San : le Sankè-mó'', in Jamana, Revue culturelle Malienne, n° 12, mars - avril 1987, pp. 30-35. Vidéographie : Documentaire de 20 mn réalisé par le Musée national, Rush n° 57, 58, 59, 60 coll. Musée national.

 

 
 

 

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