MINISTERE DE L'ARTISANAT ET DU TOURISME
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Manifestations & traditions ( suite)
 

Les festivals

Les festivals, biennales et autres rencontres artistiques et culturelles constituent elles aussi une catégorie de manifestations, assimilables à des rites dès lors qu'elles s'inscrivent dans la dynamique de la récurrence et de la procédure de mise en scène.

  • Jo faa ou les manifestations septennales du jo: Le jo se caractérise par deux catégories de formations musicales : celles qui interviennent lors des rites annuels et dont la principale est l'orchestre manko, et celles, telles que les kènyènw, les jónburu, les sotigiw et les ntokow qui n'animent que les cérémonies septennales. Le rythme, les pas de danse, les figures chorégraphiques, les aires, les répertoires de ces groupes musicaux, notamment ceux de la deuxième catégorie, sont extrêmement riches et variés. L'année initiatique septennale est l'occasion que se donne la société pour transmettre cette richesse culturelle, littéraire et artistique à sa nouvelle génération de femmes et d'hommes.
  • Les costumes: Les initiés, jodenw, se distinguent par plusieurs types de costumes : ceux faits de fibres simples ou tressées dont les couleurs rouge ou noire renvoient aux pelages des singes qui sont leurs modèles naturels ; ceux faits de graines de fêves rouges et blanches harmonieusement combinées entre elles et avec des bâtonnets et des escargots ; ceux faits de moustaches de porc-épic ; ceux faits de tissus bógolan méticuleusement décorés. La combinaison de cet ensemble de costumes avec les instruments de musique contribue à accroître à la foi la sacracalité du culte et des initiés, et l'attrait de leurs spectacles.
  • Les objectifs d'art : Sur le plan de la statuaire et autres objectifs d'art, les manifestations du jo donnent à contempler l'utilisation rituelle de deux types de statuettes : les figurines jo nyelent, représentant la première femme de l'humanité, la grance aile et la statuette jomóóni, ou l'âme de la femme à l'origine première du jo et des pratiques initiatiques, personnage féminin représentant la mère à l'enfant, généralement accompagné d'une statue masculine, toutes deux de facture réaliste. A cela il faut ajouter des chevaux de bois et les coiffures de leurs cavaliers tous joliment ornés de graines de fève rouge, blanche ou noire.

Bibliographie Kate E : 1986, a human ideal in african art : Bamana figurative sculpture, Smithsonian institute press, Washington , D.C. Malé S : 1987, " Jarada, une institution initiatique bamanan et les rites de purification de son emblème, la statuette jomóóni ", (Mémoire de Maîtrise d'ethnologie et de sociologie comparative de l'Université de paris X-Nanterre), 296 p. Malé S., 1990, les jomóóniw dans les rituel jarasóson, (Plaquette de 16 diapositives et texte explicatif) Ministère de la Communication et de la Culture, Musée National. Malé S., 1995, ''Le culte jo en pays Baninkó, objets et rites initiatiques'' thèse de doctorat, Université e Paris X. 489 p. Pâques V., 1964, " Bouffons sacrés du cercle de Bougouni ", Journal de la Société des Africanistes, t.XXIV, fasc.1, pp. 66-110,8 fig., 4 pl. Photographie : cf. photothèque du Musée national, Vidéographie : cf vidéothèque du Musée national, Rush n° 1, 2, 3, 35, 36, 48, 49, 50, 52, 101, 102, 114, 115, 136, 137, 138, 139, 140, 141, 174, 184, 187, 188, 189, 190, 191, 192. Objectif du jo ; cf. collections du Musée national.

Traversée des bœufs Le retour des animaux de leur séjour sur les terres du Gourma, à la fin de la saison des pluies, est l'un des événements les plus marquants de la tradition des Fulbé, éleveurs vivants dans le delta du fleuve Niger. La traversée de ce fleuve qui sépare les terres humides de son delta des terres sèches du Gourma, par les animaux, constitue le clou de cette tradition de transhumance extrêmement riche en couleurs. Le but est faire paraître les troupeaux non loin des chefs Fulbé, en saison sèche, sur les grands espaces du delta du fleuve riche en eau et herbes nourrissantes pour les animaux. C'est l'occasion pour les bergers d'évoquer les animaux qu'ils ont conduits en pâturage pendant les quatre ou cinq mois de la saison des pluies, pour les filles de chanter le courage des bergers, leurs fiancés, pour les chefs Fulbé dont la richesse se chiffre en centaines voire ne milliers de têtes, d'admirer fièrement leurs animaux bien nourris, pour les panégyristes et autres gens de castes de louer, moyennant de l'argent ou un animal, la noblesse des chefs fulbé. L'événement est marqué de chants, de récits, de mythes, de contes et proverbes liés à la vie des Fulbé et des animaux. Le répertoire vocal, créé surtout par les bergers pendant la transhumance, occupe la première place dans cette importante manifestation culturelle dont l'écart est rehaussé par la musique. Flûtes, guitares et danses caractéristiques des Fulbé sont à l'honneur. Les animaux les mieux nourris sont désignés, les bergers les plus inspirés et les plus créatifs se reconnaissent à leur récits poétiques. Le visiteur sort de là, rassuré que le Peul vit par et pour les animaux. Mobilisant toute la société fulbé, cette manifestation est également une occasion pour les femmes de porter leurs plus beaux vêtements et parures. Organisée sur les vastes étendues d'eau ondulante et les berges verdoyantes du fleuve Niger, en plusieurs points situés entre Mopti et Tombouctou, de Novembre à Janvier, les traversées sont des moments très forts d'expression de valeurs sociale, culturelle, poétique, artistique, comportementale, vestimentaires... de la société Fulbé en rapport avec le cycle de la nature et des animaux. Les principaux points de traversée aujourd'hui populaires pour la beauté du passage, en pirogue et à la nage, des animaux sur l'eau, pour leur richesse en récits généalogiques des grandes familles fulbé, en faits historiques évoqués par déminants acteurs de la riche tradition orale fulbé, en musiques, poèmes, chants de jeunes filles et garçons et danses Fulbé sont Diafarabé, Téninku, Jalube, Saaya (Fatoma). Plusieurs enregistrements sonores et vidéographiques, ainsi que des photos de cette tradition existent dans les archives audiovisuelles du Musée National et de l'ORTM (Office de Radiodiffusion Télévision Malienne)

Vidéographie : Rush N° 179, 180, 181, 182, 183, 245, coll. Musée national. Voir ORTM

 
 

 

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